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Le thé au Cambodge : entre infusions ancestrales et jasmin parfumé

De l'hospitalité khmère aux jeunes plantations des hauts plateaux, voyage dans une culture du thé méconnue
28 août 2026 par
inspiration dasie
Le thé au Cambodge : entre infusions ancestrales et jasmin parfumé

Photo : Son Tung Tran / Pexels

Au Cambodge, servir le thé n'est pas un simple geste, c'est une façon de dire bienvenue. Dans les maisons comme dans les petits restaurants de Phnom Penh, une théière fumante atterrit sur la table avant même que l'on ait passé commande. Ce rituel discret raconte une histoire bien plus riche qu'il n'y paraît, faite d'infusions de plantes, de jasmin parfumé et, plus récemment, de véritables plantations sur les hauts plateaux du pays.

Une culture de la tisane avant le théier

Contrairement au Vietnam voisin ou à la Chine, le Cambodge n'a pas construit son identité autour du théier (Camellia sinensis) mais autour de la tisane. Les communautés khmères infusent depuis des générations des plantes locales : citronnelle, pandan, gingembre, galanga ou encore fleurs de pois papillon (butterfly pea), qui teintent l'eau d'un bleu profond. Ces boissons servent autant à se rafraîchir sous la chaleur tropicale qu'à soulager un mal de ventre ou faciliter la digestion après un repas épicé.

Cette tradition doit beaucoup au Kru Khmer, la médecine traditionnelle cambodgienne héritée de l'époque angkorienne. Les kru thnam, littéralement les « combinateurs de remèdes », préparaient déjà des mélanges de racines, d'écorces et de feuilles bien avant que le thé ne devienne une boisson de tous les jours. Aujourd'hui encore, nombre de ces recettes se transmettent en famille, de génération en génération.

Le thé au jasmin, star des tables cambodgiennes

S'il y a bien un thé que l'on retrouve partout au Cambodge, c'est le thé vert au jasmin. Servi chaud ou sur glace, il accompagne quasiment tous les repas dans les restaurants du pays. Sa préparation associe des feuilles de thé vert à des fleurs de jasmin fraîches, qui libèrent leur parfum délicat au contact des feuilles avant d'être retirées. Le résultat : une tasse à la fois florale, légère et un peu ronde en bouche, parfaite pour équilibrer des plats relevés au poivre de Kampot ou au kroeung.

Des théiers qui repoussent sur les hauts plateaux

Moins connu : le Cambodge abrite naturellement une sous-espèce sauvage de théier, le Camellia assamica var. lasiocalyx, qui pousse à l'état d'arbre plutôt qu'en arbuste taillé. Depuis quelques années, un petit nombre de producteurs cherche à structurer une véritable filière autour de cette plante, en plantant du thé sur les sols volcaniques et le climat frais des provinces de Mondulkiri et Ratanakiri, dans le nord-est du pays. Ces jeunes plantations restent modestes comparées à celles du Vietnam ou de Thaïlande, mais elles témoignent d'un savoir-faire naissant, porté par une nouvelle génération qui veut redonner au thé cambodgien une identité propre.

Le thé, un rituel de partage

Qu'il s'agisse d'une tisane de citronnelle offerte en fin de repas ou d'un thé au jasmin servi à un invité, la constante reste la même : au Cambodge, le thé accompagne la conversation, scelle une rencontre, marque une pause. C'est cette dimension humaine, plus que la sophistication de la préparation, qui rend la culture du thé khmère si attachante — et qui nous inspire, chez Inspiration d'Asie, pour continuer à faire découvrir les saveurs d'Asie du Sud-Est à travers nos épices et nos thés.

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